Les passoires thermiques à Cherbourg-en-Cotentin
Mis à jour : juillet 2026
En bref
À Cherbourg-en-Cotentin, le climat océanique est doux mais très pluvieux : cette humidité permanente, qui nourrit aussi la mérule, pèse sur le bâti autant que le froid. Une passoire thermique est un logement classé F ou G au DPE.
Ici, elles ne représentent que 4,6 % du parc diagnostiqué, et le traitement de l'humidité y compte autant que l'isolation.
Granite, reconstruction et humidité marine
Cherbourg-en-Cotentin s'est largement rebâtie après la libération de juin 1944 : selon l'INSEE, près de 65 % des logements datent de 1946 à 1990, autour de l'arsenal et de la plus grande rade artificielle d'Europe. Ce bâti dense, en granite ou en béton, précède les premières règles d'isolation. Surtout, il vit sous un climat océanique doux mais parmi les plus pluvieux de la façade Manche : cette humidité permanente imbibe des murs qui restituent mal la chaleur, favorise la mérule sur le bâti ancien et met la ventilation à rude épreuve. Une passoire thermique se définit comme un logement classé F ou G au DPE, la plus défavorable des deux notes, énergie et émissions de gaz à effet de serre, étant retenue. Pour situer chaque étiquette sur l'échelle, voyez les classes du DPE à Cherbourg.
4,6 % de passoires : le décompte cherbourgeois
Sur les 27 300 DPE réalisés à Cherbourg depuis juillet 2021, les logements classés F ou G ne pèsent que 4,6 % du parc diagnostiqué, un taux bas pour le grand Ouest. Le graphique le détaille : 3,2 % de logements en F et 1,4 % en G. La douceur des hivers du Cotentin, rarement marqués par de longues vagues de gel, épargne les consommations extrêmes que l'on relève ailleurs. Le point sensible n'est donc pas le nombre de passoires, mais le couple vent-humidité : ponts thermiques en toiture, menuiseries rongées par le sel et ventilation insuffisante font glisser certains biens vers le bas du tableau, souvent depuis une classe E déjà nombreuse ici.
Relouer une passoire : les portes qui se ferment
Cherbourg compte 55 % de locataires, bien plus que la moyenne nationale : la fermeture progressive de la location aux logements les plus énergivores y concerne une large part du parc. La règle vise les nouveaux baux et avance par paliers.
- Depuis 2025 : un logement classé G ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail.
- En 2028 : la même interdiction s'étend aux logements classés F.
- En 2034 : elle gagnera les logements classés E, déjà nombreux à Cherbourg.
Assécher, isoler, financer : l'ordre des travaux ici
Sortir un logement de la zone F-G commence, à Cherbourg, par la maîtrise de l'eau : reprise de la ventilation, traitement des remontées et des infiltrations, avant même d'ajouter un isolant qui, posé sur un mur humide, perdrait vite son efficacité. Viennent ensuite l'isolation des combles et des murs, des menuiseries qui tiennent face aux embruns et un chauffage adapté. Pour vendre une maison ou un immeuble en monopropriété classé F ou G, un audit énergétique est d'ailleurs obligatoire : il chiffre ce parcours en scénarios hiérarchisés et ouvre l'accès aux aides (MaPrimeRénov', éco-PTZ), sans oublier l'avis des Architectes des Bâtiments de France aux abords des monuments. Comptez 90 à 200 € pour un DPE seul, à titre indicatif : comparer plusieurs devis reste le meilleur moyen de payer le juste prix.
Questions fréquentes
Pourquoi Cherbourg compte-t-elle si peu de passoires ?
Grâce au climat océanique doux du Cotentin : les hivers y sont rarement marqués par de longues vagues de froid, ce qui limite les consommations extrêmes. Seuls 4,6 % des 27 300 DPE réalisés depuis juillet 2021 classent le logement en F ou G.
L'humidité peut-elle rendre un logement cherbourgeois passoire ?
Indirectement, oui. Un mur imbibé isole mal et une ventilation défaillante alourdit les consommations. À Cherbourg, traiter l'humidité, qui favorise aussi la mérule, est souvent le préalable à toute isolation vraiment efficace.
Peut-on encore louer une passoire à Cherbourg ?
Depuis 2025, un logement classé G ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail ; les F suivront en 2028 et les E en 2034. Des travaux puis un nouveau DPE sont nécessaires pour relouer. L'enjeu est fort ici, où 55 % des habitants sont locataires.
Sources officielles
- Service-Public.fr : Diagnostic de performance énergétique (DPE) · Obligations, validité et contenu du DPE.
- ADEME : Observatoire des DPE et audits · Statistiques publiques des DPE réalisés en France.
- Géorisques (ministère de la Transition écologique) · État des risques par adresse (inondation, argiles, termites, radon).
- Annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés · Vérifier la certification d'un diagnostiqueur.